Les petites fermes en bonne posture

Alors que le gouvernement Legault tente d’inciter les personnes sans emploi à proposer leurs services aux agriculteurs québécois, les petites fermes de la région s’en tirent plutôt bien. N’ayant pas besoin d’autant d’employés pour leurs récoltes, ceux-ci sont moins dépendants des étrangers. Nous avons téléphoner dans quelques fermes de la Basse-Lièvre pour savoir comment se passaient le début de saison. Pour ceux-ci, il n’y a pas d’inquiétudes et ils sont même favorisés par l’engouement envers l’achat local.

Fermes bio

Chez la ferme Chapeau Melon de L’Ange-Gardien, François Biron nous confiait avoir déjà toute son équipe. Celui-ci a engagé 3 personnes qui se partageront l’équivalent de deux postes à temps plein. Ses entrevues d’embauche s’étant déroulées plus tôt en saison, il a déjà toute son équipe. À ce qu’il nous disait aujourd’hui, ses opérations fonctionnent déjà très bien.

Même son de cloche du côté d’Alexandre MacMillan, propriétaire de Les Jardins d’à côté, également de L’Ange-Gardien. Ayant une petite production diversifiée, celui-ci ne craint pas les effets de la Covid-19. Il n’engage qu’une personne provenant de la région. Vu l’engouement pour l’achat local, celui-ci se voit même dans l’obligation de refuser certains nouveaux clients, car son carnet de commande est déjà plein.

Saison des fraises

La ferme Patry de L’ange-Gardien, qui se spécialise dans les produits de l’érable et la culture de fraises, ne craint pas elle non plus de ralentissement. Son propriétaire, Daniel Patry, nous disait attendre 2 travailleurs en provenance du Guatemala. Cette année est une première pour la main d’oeuvre étrangère dans son cas. Pour M. Patry, il est possible que ces travailleurs arrivent plus tard, mais l’organisme qui chapeaute cette main d’oeuvre étrangère lui a assuré qu’il allait pouvoir les accueillir. Selon lui, d’ici la saison des fraises, la situation va avoir évolué. Pour ce qui est de l’auto-cueillette, M. Patry pense qu’il sera assez facile de respecter les conditions de distanciation sociale émises par le gouvernement. Le champ étant assez vaste, il est possible d’installer les cueilleurs à bonne distance les uns des autres. Il assure vouloir se conformer à toute exigence gouvernementale afin d’offrir ses produits aux clients.

Revoir le modèle des fermes?

Pour Alexandre MacMillan, le modèle des grandes fermes en monoculture est plus enclin à problèmes lors de crises majeures, qu’elles soient humaines ou climatiques. Les fermes à taille humaine sont généralement plus diversifiées dans leurs choix de produits. Si une culture a de la difficulté à cause de conditions climatiques défavorables, une autre qui fonctionne bien peut sauver la saison, selon lui. De plus, une ferme plus grande est dépendante de beaucoup de travailleurs, souvent étrangers, qui fait en sorte qu’en une pareille période, la production peut se voir mise en péril.

Prime aux travailleurs

Le ministre du Travail, Jean Boulet, a annoncé la semaine dernière, une bonification de 100$ par semaine pour ceux qui iraient travailler dans les fermes du Québec cet été. Par contre, ceux qui voudront « aller au champ » devront abandonner la Prestation canadienne d’urgence (PCU) de 2000$ par mois. Cette prime de 100$ n’est valable que pour l’équivalent de 25 heures par semaine.

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