Ça roule dans les banques alimentaires

La crise actuelle a amené son lot de nouveaux chômeurs temporaires. Bien que certains secteurs, dont la construction, commencent à reprendre leurs activités, il n’en est pas de même pour tous. Les banques alimentaires de la région se sont retrouvées avec une demande accrue et moins de denrées disponibles. Par contre, l’arrivée de bénévoles et de plusieurs dons font en sorte qu’elles peuvent continuer leurs activités un peu plus normalement. Toutefois, cet accroissement de popularité demande beaucoup de gestion. Nous avons parlé à Anne Mercier de La Mie de l’entraide de Buckingham et Julie Mercier de la Banque alimentaire de la Petite-Nation, afin d’avoir le pouls du terrain.

La Mie de l’entraide

Spontanément, lorsqu’on lui demande comment vont les affaires depuis quelques semaines, Anne Mercier nous répondait en riant: « C’est complètement fou! ». Une situation pareille était imprévisible pour celle qui vient de prendre la direction générale de l’organisme en début d’année. Celle-ci remercie d’ailleurs tous les bénévoles qui font en sorte de nourrir la population.

C’est par contre tout un défi de gestion que de coordonner des nouveaux bénévoles, ce qui l’a poussé à engager quelqu’un spécifiquement pour cette tâche.

Autre défi, trouver des denrées. Moisson Outaouais fournit une grande partie des denrées de La Mie de l’entraide, mais l’organisme ne peut que fournir ce qu’il a. Étant donné la demande très forte pour certains produits, les stocks sont de moins en moins présents, surtout en ce qui a trait aux fruits et légumes frais. Un moyen de pallier à cette baisse est d’utiliser les dons en argent pour acheter de la nourriture.

Ensuite, il faut livrer la marchandise. Le Club Lions de Buckingham s’est porté volontaire afin d’aider l’organisme à livrer toutes les denrées, car aucun ramassage directement dans les locaux ne peut s’effectuer comme d’habitude. Absolument tout doit passer par la livraison, ce qui met une charge de plus sur ce service.

Banque Alimentaire de la Petite-Nation

À peu près le même son de cloche nous a été donné à la Banque alimentaire de la Petite-Nation (BAPN). La directrice générale, Julie Mercier, nous mentionne tout de même être fière que son service de livraison ait déjà été mis en place bien avant la crise. Cependant, un seul livreur ne peut tout faire. Ce sont maintenant les premiers répondants de St-André-Avellin qui viennent en aide avec 2 camions et 4 bénévoles.

Habituellement, il n’y avait qu’entre 8 et 12 dépannages par jour. Ces derniers temps, le nombre a augmenté pour passer à une vingtaine. Également, le protocole de respect des mesures de distanciation augmente le temps de livraison. Le livreur arrive à la porte, sonne et attend que la personne arrive et l’identifie. Il retourne alors à son camion pour chercher les boîtes, cogne de nouveau, retourne à son camion et attend que la personne prenne sa livraison. Ensuite le livreur inscrit l’heure de livraison et s’en va. Avec en moyenne 5 à 7 minutes de plus par livraison, une moyenne d’une heure par jour est perdue, ce qui limite le nombre total d’arrêts possibles. Pour Julie Mercier, il est très important de respecter les directives et ainsi éviter tout contact entre le livreur et le bénéficiaire.

Un autre facteur important est la grandeur du territoire à couvrir. Avec 21 villages et municipalités à desservir, il devient alors capital de bien organiser ses routes afin de maximiser le temps. Depuis le début du mois, plus de 125 demandes d’aide ont été formulées à l’organisme, ce qui représente autant qu’à pareille date l’an dernier pour tout le mois d’avril.

Impacts de la fermeture de Fortress

Au début du mois de mars, Mme Mercier rapporte que l’impact de la fermeture de la compagnie Fortress de Thurso s’est fait sentir dans son organisme. Plusieurs travailleurs n’ayant pas eu droit au chômage entier ont épuisés la plupart de leurs réserves et se trouvent sans entrée de revenus. Bien que ceux-ci se cherchent de l’emploi, la fermeture de beaucoup de secteurs d’activités rend la chose plus difficile.

Difficultés d’approvisionnement

Comme à Buckingham, Julie Mercier a les mêmes difficultés pour s’approvisionner en légumes et fruits frais. Ordinairement, l’organisme de Ripon recueille les « invendus » des marchés Métro de la région. Avec la demande plus forte et certaines restrictions dans les commandes, plusieurs marchandises ordinairement présentes n’y sont plus.

Mme Mercier nous confiait que lors de la guignolée de décembre, les stocks recueillis duraient en moyenne jusqu’à septembre. À l’heure actuelle, on trouve le même niveau qu’en août.

Optimiste de nature, elle est également impressionnée par la générosité des gens et des entreprises. Les dons amassés permettent d’acheter ce qui n’est pas reçu et ainsi combler les manques afin de donner un panier complet.

Leurs billets de loto se vendant ordinairement dans les lieux publics, la BAPN a dû trouver un autre moyen de les mettre en marché. Via enveloppes et chèques ou autre moyen de paiement, les gens peuvent se procurer leur billet de tirage. La moitié du prix des billets s’en va directement à l’organisme et le reste est remis en divers prix.

Logistique revue

Il a fallu également revoir la logistique dans le local afin de respecter la règle du 2 mètres en tout temps. Les employés qui étaient à temps partiel ont vu leurs heures augmentées à 40 par semaine, ce qui fait en sorte que le travail peut se faire sans engager de personne supplémentaire.

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