Réinventer pour mieux servir

Après 51 jours de fermeture, Carole Lajeunesse, copropriétaire du mythique Lala Bistro de Buckingham, a décidé de « repartir la machine », comme elle le citait dans une publication Facebook, ce matin. La réouverture des salles à manger des restaurants n’étant pas dans les plans immédiats du gouvernement, celle-ci a donc fait le choix de s’inviter chez ses clients. Elle lance donc un sondage, sur la page Facebook du bistro à savoir quels sont les plats qu’elle devrait insérer dans son menu pour emporter. Évidemment, une sélection plus limitée de plats seront disponibles et ce, à partir du 1er juin.

Après 26 ans à rouler à fond de train, madame Lajeunesse a pris un pas de recul afin d’analyser les besoins de sa clientèle et la logistique qu’il fallait mettre en place pour être efficace. En entrevue téléphonique, l’entrepreneure colorée de Buckingham, nous dévoilait qu’elle « avait lavé sa cuisine au Q-Tips » en préparation pour la réouverture sous une autre forme. Cette période a été loin d’être des vacances, selon ses dires. Également, il a fallu voir comment assurer une certaine distanciation dans la cuisine, qui n’est pas une mince affaire pour tous les restaurants.

Celle qui conçoit ses décors à la main a dû remodelé une partie de son restaurant pour accueillir ses clients dans la même ambiance, mais avec un espace limité. Vous pourrez donc la retrouver à une porte de type kiosque pour ramasser vos plats, tout en appréciant les créations de « l’artiste dans l’âme », comme elle aime se décrire.

Des demandes de partout

Le restaurant est populaire auprès de la clientèle locale, mais aussi de l’extérieur. Elle nous racontait qu’en préparation, le téléphone sonnait constamment. Les gens ont hâte à la réouverture pour apprécier sa nourriture et l’expérience unique du restaurant. Les appels proviennent non seulement de l’Outaouais, mais aussi de Montréal, notamment. Les nombreux touristes qui passent dans la région veulent y revenir et faire découvrir à leurs familles et amis ce lieu incontournable du centre-ville de Buckingham.

Capsules Web

Question de faire la promotion de son restaurant, elle a également mis un certain accent sur les réseaux sociaux. Celle qui n’est pas une adepte de la caméra, commence à prendre goût à cette forme de publicité. Par ailleurs, ses efforts portent fruit, car des gens qui n’étaient jamais allés dans son restaurant lui ont dit qu’ils allaient découvrir l’endroit, une fois la réouverture effectuée. Pour Carole Lajeunesse, ce genre de commentaire vaut la peine d’investir et de combattre sa gêne.

Continuer contre vents et marrées

Avec son frère Martin, celle-ci mène la barque depuis plusieurs années, même si certaines ont été difficiles. Aller chercher chaque client dans ses débuts n’a pas été une mince tâche. Elle nous racontait que dans les 7 premières années, les finances étaient serrées et qu’il fallait gérer d’une manière efficace pour éviter les pertes. Martin Lajeunesse, selon Carole, c’est l’esprit analytique, les chiffres. Elle se qualifie « d’âme du restaurant », car on peut y voir sa touche personnelle partout, autant dans la nourriture que dans le décor. Il n’est pas donné à tous de travailler avec sa famille, mais ceux-ci, par leurs caractères distinctifs se complètent bien, selon elle. Ils traitent d’une façon bien différente les situations stressantes. De son côté, elle s’exprime beaucoup et son frère est plus réservé et introspectif.

Cette femme très impliquée dans sa communauté, nous confiait avoir hâte à la reprise et est confiante que la clientèle soit au rendez-vous, car la demande est présente depuis le début. Elle nous disait également qu’elle était heureuse d’avoir pu réaliser la levée de fonds pour la Maison d’hébergement pour Elles des 2 vallées, juste à temps, avant de devoir fermer. C’est donc dans 24 jours qu’on pourra savourer à nouveau un menu révisé du Lala Bistro.

*Photo: Google Maps

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