La frénésie des webcams

Si dans les débuts de la crise on décriait l’absence de produits de base comme le papier hygiénique, maintenant ce sont plutôt des produits technologiques qui manquent à l’appel. Un de ceux-ci est la webcam. Objet relégué aux calandres grecques pour la plupart des gens il n’y a pas si longtemps, il connait un regain de popularité sans précédant ces derniers mois.

Christian Rochon, propriétaire chez Ordivert Gatineau, situé à Buckingham, vit la même chose. Selon lui, tout ce qui est disponible en terme de caméra web part assez rapidement.

La demande pour de telles caméra est grimpée en flèche. Sur Internet, il n’est pas rare de voir les prix doubler et même tripler pour des caméras de bonne qualité. La compagnie Logitech, grande fabricante de webcam, a annoncé en janvier des ventes globales (incluant les webcams) de 900 millions de dollars au dernier trimestre de 2019 pour la première fois de son histoire. Par contre, elle annonce un délai de traitement allant jusqu’à 14 jours pour les commandes en ligne. Les prix annoncés sur son site Internet n’ont cependant pas augmenté.

Les origines de la pénurie

Il fut un temps où chaque ordinateur portable, peu importe sa gamme de prix offrait une caméra intégrée. Vu la petitesse de la lentille, celles-ci nous laissaient parfois sur notre appétit quant à la qualité d’image, surtout dans les ordinateurs bas de gamme. Or, plusieurs manufacturiers n’insèrent plus de caméra web dans leurs ordinateurs portables d’entrée de gamme afin d’en réduire le contour d’écran, diminuant la taille de celui-ci par le fait même.

C’est donc dans un but d’économie d’espace, de coût et à cause de l’utilisation massive du téléphone cellulaire que la webcam est disparue de ceux-ci. Leur technologie ne s’est d’ailleurs pas beaucoup améliorée avec les années face à celle des téléphones cellulaires. Ceux-ci offrent maintenant souvent plus d’une caméra avec des fonctions précises, ce qui a donc laissé la caméra web traditionnelle loin derrière. Les caméras externes ont par contre évolué un peu plus que celles intégrées, vu leurs boîtiers modifiables.

M. Rochon nous a mentionné qu’il fallait souvent se tourner vers des ordinateurs portables haut de gamme pour en obtenir une de qualité. Ces modèles, souvent destinés au professionnels, oscille dans une fourchette de prix pouvant facilement atteindre les 2000$ à l’état neuf.

Cependant, le regain en popularité de la caméra web peut s’attribuer au fait que pour plusieurs, lors d’une réunion professionnelle, il y a un partage d’écran et de la prise de notes. Ceci rend donc l’utilisation du téléphone cellulaire ou de la tablette moins pratique vu la taille de l’écran ou de l’accessibilité limitée à un clavier.

Stocks disponibles

Christian Rochon nous a également mentionné qu’il avait un stock de webcams disponibles. Variant de 30 à 90$ pour une caméra générique, il nous assure que celles-ci offrent une bonne qualité d’image, même si les marques sont moins connues. Son inventaire doit cependant être vérifié toutes les semaines, tellement la demande est forte.

Il faut cependant faire attention aux arnaques. Flairant la bonne affaire, certains manufacturiers inondent les sites Internet de vente avec des produits bas de gamme offrant une qualité d’image datant du siècle dernier à des prix beaucoup trop élevés. M. Rochon nous disait ne pas vouloir embarquer dans la hausse vertigineuse des prix pour maximiser son profit.

720p ou 1080p?

Deux résolutions sont les plus courantes, 720p et 1080p. La première étant considérée comme la base de la haute définition, la deuxième est ce qu’on appelle souvent la pleine résolution ou « Full HD ». Sur la question, M. Rochon nous dit qu’une caméra 720p fait l’affaire dans la plupart des cas. L’image peut par contre être un peu moins détaillée qu’une caméra considérée pleinement haute définition, même si elle est réduite à 720p.

Après vérification, nous notons que certaines plateformes limitent la résolution maximale disponible à 720p. C’est le cas notamment de Zoom, plateforme de réunions étant devenue très populaire. Certes, elle supporte la résolution pleine HD, mais seulement dans ses plans payants destinés aux entreprises. La version gratuite, limitant également la durée des réunions à trois ou plus à 40 minutes, est maintenue à une résolution maximale de 720p. Il est donc important de vérifier cet aspect, selon le logiciel utilisé, avant de faire son choix.

Hausse du télétravail après la crise?

Il y a fort à parier que certaines entreprises ou instances gouvernementales vont observer attentivement ce qui se fait maintenant pour intégrer le télétravail dans la routine quotidienne. Ceci permet entre autres à leurs employés de sauver temps et argent en transport. Si la tendance se maintient, la webcam sera populaire pour longtemps.

Réseaux chargés, mais qui tiennent le coup

En ce temps de crise, le télétravail et l’écoute en ligne en continu sont le pain quotidien de beaucoup de foyers partout dans le monde. Les familles qui sont en confinement depuis déjà 2 semaines se tournent souvent vers Internet et la téléphonie pour passer le temps, appeler leurs proches ou encore continuer leurs activités professionnelles. Pour supporter la charge beaucoup plus importante de données en transfert, les grands réseaux de télécommunications doivent être solides et fiables. Nous avons donc demandé à trois grands fournisseurs (Bell, Telus et Vidéotron) de nous parler de l’impact que les mesures gouvernementales ont eu sur leurs infrastructures.

Vidéotron

Sans nous dévoiler de pourcentage exact, on nous confirme chez Vidéotron qu’il y a eu un accroissement de la demande. Par contre, la compagnie a confiance en son réseau et en sa solidité pour tenir le coup. On nous affirme que celui-ci fonctionne normalement et qu’il est capable de supporter la demande.

De plus, Vidéotron a mis en place quelques mesures afin de favoriser l’utilisation d’Internet. La compagnie a levé les limites de transfert de données (pour ceux qui n’étaient pas déjà illimités) jusqu’au 30 avril.

Au niveau du service de télévision, Vidéotron a également débrouillé plus de 50 chaînes afin que les plus petits jusqu’aux plus grands puissent se divertir et s’informer pendant la crise.

Bell

Chez Bell, on constate une augmentation marquée de l’utilisation du réseau Internet à domicile. Avec 60% de plus de trafic en journée et 20% de plus en soirée au niveau résidentiel, Internet est devenu un moyen plus que populaire d’occuper son temps ou de travailler. Les plateformes de diffusion en continu comme Youtube ou Netflix sont d’ailleurs très populaires.

Du côté du service mobile, on nous confirme également que la compagnie veille à l’amélioration continue de son réseau, malgré la forte demande.

Bell étant également un fournisseur de téléphonie filaire, on nous rappelle que ce réseau est en bon état et fiable, mais qu’il pourrait subir une légère congestion à certains moments clés de la journée. La compagnie nous confirme également veiller à améliorer ce service au besoin.

Telus

De son côté, Telus, grand fournisseur de téléphonie mobile nous affirme également vivre une forte hausse dans la demande. Les appels aux numéros sans frais (1-800) ont bondi de manière spectaculaire dû, selon eux, à l’utilisation des lignes de téléconférences sans frais et des appels aux différents paliers de gouvernement.

À l’échelle nationale, le trafic téléphonique a augmenté de 45%. L’envoi de messages textes a également connu une recrudescence important, avec une hausse de 30%. C’est cependant l’envoi de photos et de vidéos qui a connu l’augmentation la plus marquée à 50%.

Au niveau du service Internet résidentiel, Telus dénote une augmentation de 25%, dû au mêmes raisons. Les gens confinés utilisent Internet pour leur travail ou pour se divertir.

Leur réseau de télédiffusion en direct a également connu une légère hausse de 15% et la télé sur demande a vu sa popularité monter de 30%. Dans tous les cas, on nous confirme que le réseau est fiable et que les capacités ont été augmenté de manière à ce que les clients ne subissent pas de ralentissement.

Plus de 100 000 foyers branchés d’ici 2022

M. Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation ainsi que le député d’Orford et adjoint parlementaire (volets économie et Internet haute vitesse), M. Gilles Bélanger, ont fait l’annonce, ce matin, du programme Régions branchées. Ce programme, doté d’une enveloppe de 100 millions de dollars permettra d’appuyer des projets d’infrastructures numériques dans les régions.

Le député de Papineau, Mathieu Lacombe se réjouit du lancement de ce programme. « En 2019, Internet haut débit constitue un service indispensable à l’essor d’une économie régionale vigoureuse et à la vitalité de nos communautés. Malheureusement, notre région n’est pas entièrement couverte par ce type de connexion. Le nouveau programme lancé aujourd’hui corrigera cette lacune et permettra à la région de l’Outaouais de devenir plus attractive et compétitive. J’invite les acteurs régionaux et municipaux à saisir cette occasion et à soumettre un projet qui améliorera significativement la qualité de vie de tous les citoyens et de toutes les entreprises. », a-t’il déclaré aujourd’hui.

Ce programme est intéressant pour certaines régions, car il vise à appuyer des zones partiellement desservies par un service Internet haut débit. Ces zones deviennent donc prioritaires, car elles n’étaient pas admissibles dans le cadre du dernier programme mis en place par le gouvernement du Québec et ne le seront pas de le prochain projet du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Le programme précédent, Québec branché, permettra, d’ici 2022, de connecter 110 000 foyers sur les 340 000 non connectés. Au moins 70 000 foyers restants seront en cours de connexion grâce au nouveau programme Régions branchés. Les MRC, organismes scolaires et conseils de bande pourront également proposer des projets en collaboration avec un fournisseur reconnu de services Internet.

Selon le CRTC, un accès Internet haut débit est défini par une vitesse de 50 mégabits par seconde en téléchargement et 10 mégabits par seconde en téléversement.